Avant Propos

dimanche 15 janvier 2012
popularité : 13%

Les problèmes liés au corps ont souvent été évoqués lors des précédentes rencontres organisées par le collectif interassociatif Femmes & VIH. C’est pour cela, que nous avons voulu qu’ils soient au centre des débats du dernier colloque de 4 et 5 mars 2011 dont nous publie ici les Actes. Le corps n’est pas un sujet facile. C’est d’ailleurs un sujet dont on parle avec difficulté même à ses proches et son médecin. Pourtant, confrontées aux modifications qui peu à peu apparaissent dans ce corps et aux questions qui les accompagnent, nous voudrions avoir des réponses, des explications. Les deux journées qui nous ont réunies cette année, ont permis de prendre le temps de partager les expériences, de faire l’état des lieux de ce qui allait ou qui n’allait pas, de formuler des revendications et de continuer à construire cette parole collective des femmes concernées par le VIH et des personnes qui les entourent.

Les problèmes liés au corps ont souvent été évoqués lors des précédentes rencontres organisées par le collectif interassociatif Femmes & VIH. C’est pour cela, que nous avons voulu qu’ils soient au centre des débats du dernier colloque de 4 et 5 mars 2011 dont nous publie ici les Actes. Le corps n’est pas un sujet facile. C’est d’ailleurs un sujet dont on parle avec difficulté même à ses proches et son médecin. Pourtant, confrontées aux modifications qui peu à peu apparaissent dans ce corps et aux questions qui les accompagnent, nous voudrions avoir des réponses, des explications. Les deux journées qui nous ont réunies cette année, ont permis de prendre le temps de partager les expériences, de faire l’état des lieux de ce qui allait ou qui n’allait pas, de formuler des revendications et de continuer à construire cette parole collective des femmes concernées par le VIH et des personnes qui les entourent.

Les échanges retranscrits offrent une palette de qualité : témoignages, connaissances, revendications, réflexions. Ces deux jours de travail ont été riches et devraient aboutir à la création de groupes de travail permanents afin de concrétiser les propositions élaborées lors des rencontres. Parler de ce corps habité par une maladie, qui plus est une maladie sexuellement transmissible, oblige à parler de beaucoup d’autres choses : de la sexualité, de la vie affective, du regard de l’autre sur soi, mais aussi du regard que l’on a sur soi, de sa propre vie sociale.

À la lecture des 5 ateliers, on est étonné de la récurrence de certains propos : la spécificité féminine par rapport à la maladie est toujours la grande absente dans les rapports avec les soignants. La relation malade/médecin est d’ailleurs au centre de beaucoup d’échanges : absence quasi totale de regard des médecins sur nos corps de femmes séropositives, absence d’autant plus remarquée qu’ils n’hésitent pas à nous renvoyer vers les « psys » quand ils ne savent plus quoi répondre aux interrogations des femmes, avec un appauvrissement conséquent de la prise en charge trimestrielle réduite de fait aux seuls chiffres de la charge virale et des CD4. Les conséquences de la réforme hospitalière sur le suivi ont été souvent évoquées lors des ateliers : l’éparpillement entre l’hôpital et les examens à faire en ville et les visites chez les spécialistes compliquent la transmission de l’information entre les différents interlocuteurs et transforment le parcours de soin en quelque chose dont on envisage très bien les pertes en termes de qualité du suivi. Mais un autre besoin s’est fait ressentir très clairement, celui de se retrouver ensemble et de profiter de l’esprit de solidarité qui se dégage.

Et des participants il y en avait 265 le premier jour de ces rencontres : des femmes concernées par le VIH, des membres d’associations de lutte contre le sida et de lutte pour les droits des femmes, des médecins et des chercheurs, des représentants d’institutions, des journalistes. Accueillies dans les locaux de Médecins du Monde, ces deux journées de colloque ont été l’occasion pour qu’il se dégage une solidarité qui nous fait du bien, à l’heure où, face aux besoins des femmes concernées par le VIH, nos politiques réduisent les droits des étrangers malades, rabotent les droits sociaux, veulent nous faire croire que maintenant tout va bien, que la maladie est sous contrôle, et ce, même dans les pays du Sud ! On ne saurait pas mieux décrire l’état d’urgence dans lequel travaille l’interassociatif.

Aujouird’hui, l’interassociatif Femmes & VIH réunit 9 associations : Act Up-Paris, Médecins du Monde, le Planning Familial, Sida Info Service et Aides, l’AVH 78, l’Association Marie-Madeleine, Frisse et Ikambere. À la veille du 1er décembre, nous terminons ces actes mais avons déjà entamé les préparatifs d’une nouvelle rencontre pour fin 2012. Notre objectif reste le même : permettre aux femmes concernées par le VIH de se retrouver et de se faire entendre. Entre les rencontres, le travail continue, les membres des associations qui constituent l’interassociatif au delà des aspects techniques, avancent pour que la parole des femmes soit entendue par les politiques, les institutions et les médias.

Merci donc aux femmes et aux hommes présents les 4 et 5 mars 2011, pour la qualité de leur participation et la richesse de leurs propos. Nous les avons retranscrits dans ces pages, à partir des enregistrements en respectant l’anonymat voulu ou non. Ces Actes sont mis en ligne sur les sites des associations co-organisatrices et sur le site du collectif www.femmesetvih.org

Bonne lecture et rendez-vous fin 2012.

Un questionnaire est proposé aux participants et participantes de ces rencontres pour avoir votre avis. N’hésitez pas à y répondre.


Documents joints

Actes de la rencontre des 4 et 5 mars (...)
Actes de la rencontre des 4 et 5 mars (...)
Votre avis
Votre avis