« Femmes et VIH, 1997-2007, où en sommes-nous 10 ans après ? » - Recommandations et revendications

les 30 novembre et 1er décembre 2007
dimanche 30 mai 2010
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Nous, femmes séropositives et concernées par le VIH/sida émettons les recommandations et revendications suivantes :

Aux professionnel(le)s de santé, décideur(e)s et praticien(ne)s, nous demandons :

POUR NOTRE PRISE EN CHARGE MÉDICALE

- La prise en compte des spécificités des femmes et leur intégration dans la recherche ;

- La formation des professionnels de santé à la prise en charge de la douleur, aux problèmes sexuels et gynécologiques et aux risques accrus des infections nosocomiales chez les personnes immuno-déprimées.

POUR NOS DROITS ET NOS MOYENS D’EXISTENCE

- La création d’un droit d’asile sanitaire au même titre que le droit d’asile politique. Ce droit doit inclure le droit au travail et le regroupement familial pour les femmes vivant en France,

- Le remboursement intégral, au titre de l’Affection Longue Durée (ALD) des soins permettant de lutter contre les répercussions :

des modifications corporelles liées au VIH et aux traitements, des maladies opportunistes, de la maladie sur le moral ;

Pour ce faire les franchises médicales doivent être entièrement et définitivement supprimées.

- La prise en compte de la maladie comme accentuant nos difficultés d’accès au travail et pesant sur nos ressources ; l’ouverture permanente de droits à l’Allocation Adulte Handicapé, qu’on soit en état de travailler ou pas ;

- L’accès à une information claire concernant les droits sociaux, sous la forme d’un guide réactualisé régulièrement.

DANS LE DOMAINE DE LA PRÉVENTION

- La gratuité et l’accessibilité de tous les moyens de prévention et de réduction des risques existants au Nord comme au Sud, le coût de la prévention étant toujours inférieur au coût des traitements ;

- Le développement et la recherche d’alternatives aux préservatifs ; des essais sur les microbicides pourraient être menés au Nord, avec la participation de couples sérodifférents ;

- Des campagnes de prévention plus régulières, adaptées à la vie réelle et incarnées par des personnes de différentes générations. Plus que de supports écrits, au Nord comme au Sud, nous avons besoin d’acteurs qui prennent le temps d’expliquer les risques, les traitements, et donnent une meilleure image du préservatif féminin ;

- L’accès et le développement de l’éducation à la sexualité aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’école.

A tous et toutes, nous demandons :

- La possibilité de parler de la maladie sans être jugées, que ce soit au sein de sa famille, à son travail, dans les médias, par les professionnels de santé, etc. ;

- La création de groupes de paroles de couples hétérosexuels et sérodifférents, de façon que la parole circule entre tous ceux qui sont concernés ;

- L’organisation régulière et plus fréquente de rencontres et de manifestations qui nous soient destinées (comme le colloque des 30 novembre et 1er décembre 2007).

Aux médias, nous demandons : - Le droit à ce que notre dignité, notre parole et notre image soient respectées ;

- Que les femmes qui ont le courage de témoigner de leur vie avec le VIH bénéficient d’un accompagnement attentif et ne soient soumises à aucune forme de pression avant, pendant et après leur témoignage.

Aux femmes séropositives, nous demandons :

De cesser de se priver de leur corps ; regardons notre corps, caressons-le, explorons-le, aimons-le.